RETOUR SUR LE CONSEIL MUNICIPAL DU 8 DECEMBRE 2022




Citoyens d’Ambleteuse,

 

J’ai souhaité attendre le Conseil municipal avant de m'exprimer depuis ma démission.

Il me semblait important de voir comment le maire allait appréhender cette nouvelle situation inédite.

Je dois avouer que j'ai été surpris, je souhaitais m'exprimer sur mon départ et dire aux membres du Conseil que dorénavant je ne faisais plus partie de la majorité municipale.

Car il est de tradition républicaine que cela puisse se faire, le maire me l’a interdit.

Je l'ai senti décidé  à m'empêcher de m'exprimer sur ce sujet.

Il a choisi  lui-même ce que seront nos relations pour le reste du mandat. 

Je serai un opposant pugnace, vigilant, décidé à étudier point  par point tous les dossiers qui seront traités et à dénoncer ceux qui  n'iront pas dans l'intérêt des habitants de notre village ou qui mettront en danger les finances de la commune.

Je saurai également soutenir ce qui va dans le bon sens.

Concernant le pilotage du Conseil municipal et la gestion de la commune, je pose la question :

Qui est le maire d’Ambleteuse ?

Qui gère notre village ?

Lors de ce dernier conseil, nous avons eu le droit à une parodie, à chaque débat, lors de la présentation des délibérations et des questions posées par les oppositions,  le maire répondait ce que lui soufflait son directeur de cabinet, soit par SMS, soit à l'oreille ou en lui écrivant des petits papiers.

Nous avons assisté à une mauvaise pièce de théâtre où l'acteur principal ne connaissait pas son texte et le souffleur avait l'air enrhumé.

Comment peut-on être rassuré dès lors que le maire répète ce qu’on lui dit de dire ?

Est-ce réellement sa pensée ?

Où est son libre arbitre  et sa réflexion personnelle dans les réponses qu’il doit formuler quand les élus des 2 oppositions l'interpellent.

Si les questions étaient reçues par le maire à l'avance, on pourrait éventuellement comprendre que la réponse écrite, qu'il pourrait nous lire, lors du conseil, soit rédigée par son directeur de cabinet car cela peut être son rôle.

Mais en plein conseil, il est légitime d'attendre de la part du maire que ce soit lui et lui seul, s’il est interrogé, d’entendre sa réponse personnelle et/ ou les orientations de son programme.

Il doit nous faire connaitre son point de vue et son avis de maire face aux questions.

Il n'en est rien et cela est très alarmant.

De plus il n'est ni tolérable, ni de tradition de voir un collaborateur politique être à la table du Conseil municipal avec les élus, en effet seuls les élus et le personnel communal peuvent être installés ensemble en Conseil municipal.

La fonction de directeur de cabinet étant très spécifique. Il n’est pas élu et il n’a  donc aucune légitimité à être présent au côté du maire dans le cadre du conseil.

Déjà, lors de la réunion des associations la semaine dernière, invitées par le maire, pour échanger avec elles, c'est le directeur du cabinet qui a mené le débat et parlé, avec les associations en présence du maire. Certaines associations s’interrogent…

C'est donc une situation récurrente, inquiétante et néfaste pour la vie de notre village et la démocratie locale.

Qu'en sera-t-il lors de la réunion publique du 16 décembre ?

Est-ce que le maire  et les Adjoints animeront la réunion et répondront aux questions des habitants ?

Je pose la question.

En effet il serait anormal de voir cette présentation des projets, issus du programme électoral de la majorité municipale, confiée aux seuls techniciens présents.

Les Ambleteusois ont élu des citoyens pour les représenter et agir pour leur bien et à leur place.

Il est donc logique que ce rôle incombe aux élus qui après les explications simples des techniciens doivent pouvoir expliciter les grandes orientations de l'équipe majoritaire pour les années qui restent de la mandature municipale.

Il en va de même à propos de l'analyse des besoins sociaux qui traversent l'ensemble des domaines  de compétences des élus, nous sommes en droit d'attendre là aussi les orientations de la politique municipale et non celles d’un technicien.

Concernant les décisions qui ont été prises lors de ce Conseil,

qu’en dire ? 

Il y avait 10 délibérations.

Arrêtons-nous sur 3 d'entre elles :

A propos de la demande de protection fonctionnelle du maire, il s'agit de permettre aux élus ( maire, adjoints et ceux ayant reçus une délégation) d'être protégés et soutenus juridiquement lors d'un conflit, menace, ou insulte dans le cadre de leurs fonctions. Cette protection est prise en charge financièrement par la commune.

Le maire l'a souhaité rien que pour lui (sic !)

Seulement cette protection n'est possible que lorsque l'une  des situations citées plus haut se produit, c'est la loi.

Pourquoi le maire veut-il à tout prix, à cet instant, être protégé, de quoi ou de qui ?

La question lui a été posée, il n'a pas souhaité répondre.

La 2nde délibération, concerne 6 études préalables de faisabilité de projets portés par la majorité municipale.( parc sportif, travaux presbytère, réhabilitation thermique de l'école, restauration de l'église, transformation de l'ancienne bibliothèque)

le montant global de ces études représente 114.000 € qui viennent se soustraire à des investissements prévus dans d'autres lignes budgétaires.

Je pose la question, pourquoi faire l'ensemble de ces études alors qu'il sera impossible de réaliser la totalité de ces projets sur la partie du mandat qui reste à courir jusque 2026 tout en sachant qu'il y a aussi le projet relatif au logement.

Ne faut-il pas davantage de projets s'intéressant au quotidien des habitants, à l'école et au devenir de ses classes…. à la politique menée pour le CCAS, à l'accompagnement et au soutien des associations, à l’insalubrité de certains logements etc…

Qui peut nous faire croire que tout cela est réaliste et réalisable financièrement.

De fait, l'on va réduire des dépenses dans des postes où il y a des besoins pour mettre l'argent ailleurs, c'est à dire dans les études.

Au-delà de la précipitation avec laquelle le maire a voulu à tout prix faire passer cette délibération, il faut s'interroger sur la réelle faisabilité de ses futurs projets.

Ils vont justifier, très certainement, un emprunt conséquent de plusieurs millions d'euros pour la commune.

Dans cette période où l'incertitude règne, où  le flou le plus complet pèse sur les perspectives financières des collectivités territoriales, il est très risqué de vouloir s'engager de la sorte sans avoir de garantie sur ce que sera l'avenir économique de notre pays.

Il y a un risque réel d'explosion de l'inflation, des coûts de l'électricité, du chauffage, mais aussi les conséquences de la guerre en Ukraine.

Il y a aussi la situation de certains habitants dont il faut se préoccuper et qu'il faudra soutenir financièrement  dans une période de plus grande précarité.

A moins de vouloir augmenter les impôts très fortement ?

Le maire fait abstraction de cette situation, il est sur un nuage.

Il faut dire que pendant le  conseil le maire a évoqué le fait qu'il rencontrait des ministres et même le président de la République…

Le maire pense sûrement que cela lui donne le droit de faire n'importe quoi avec l'argent public.

Il se laisse griser par le pouvoir.

 

A l'occasion de cette délibération, j'ai proposé comme la loi le permet, un amendement favorisant pour ses études, l'utilisation de moyens techniques et humains mis à la disposition des collectivités locales par des institutions régionales et départementales .

Ces instances peuvent réaliser tout ou partie des études à titre gratuit.

Pourquoi ne veut-il pas en profiter ?

Certainement parce que les décisions étaient déjà prises avant le Conseil et les bureaux d'études déjà choisis car  le maire et l'ensemble du groupe majoritaire ont rejeté cet amendement qui aurait pu faire faire des économies à la commune.

Encore un bel exemple de démocratie municipale et d’excès de pouvoir.

Il n'y a pas si longtemps de cela, lorsque nous étions dans l'opposition, Stéphane Pinto aurait écrit ou crié au scandale si les élus à l'époque avaient agi de cette façon.

Aujourd'hui, c'est lui qui va à l'encontre des engagements qu'il avait pris dans le cadre du programme de sa campagne.

A propos de la dernière délibération, elle concerne le changement de nomenclature comptable qui fait passer la comptabilité spécifique des collectivités territoriales à une comptabilité proche de celle des entreprises.

Pour que cette délibération puisse être votée correctement, il aurait fallu informer au préalable le comptable du Trésor public de cette décision avant le passage en Conseil.

les élus de vivre ensemble Ambleteuse  l'ont fait remarquer au maire mais ce dernier, sûrement mal conseillé, a maintenu la délibération qui face au contrôle de légalité préfectorale sera peut-être retoquée.

Le fait le plus marquant, à propos de cette délibération, c'est l'abstention de 4 élus et non des moindres : l'adjointe à la culture, l'adjoint et la déléguée au budget et un conseiller municipal.

Ils ont perçu l'absence de sens de responsabilité du maire qui a préféré voter et faire voter cette délibération malgré les remarques qui avaient été formulées au préalable.

Face à cette façon d’agir du maire il y a une réelle inquiétude à avoir sur le futur de notre village.

 

 

 

 


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Courrier distribué dans les boîtes aux lettres le 23 octobre 2022